La Journée Nationale de l’Audition a eu lieu le 9 mars, mais la JNA c’est également une association qui depuis 20 ans s’efforce de faire sortir la surdité du silence. Saviez-vous qu’en 1998, la sécurité sociale ne prenait en charge qu’une prothèse auditive sur deux ? Etonnant !

Longtemps, la surdité a été considérée comme une conséquence inéluctable de la vieillesse mais aujourd’hui cet handicap invisible touche toutes les tranches d’âge. Il n’attend pas que nous ayons les cheveux gris pour frapper, il s’installe progressivement, au fil des années ou brutalement à la suite d’un traumatisme auditif.

Des comportements dangereux pour les oreilles.

Je fais partie de cette génération qui a utilisé massivement les premiers baladeurs à cassette dans la fin des années 80. Adolescente, j’ai écouté mon walkman dans mon lit et s’il m’arrivait accidentellement de m’endormir avec (C’était très inconfortable puisqu’à l’époque les casques intra-auriculaires n’existaient pas), l’exposition au son était limité par la durée des piles ou à celle de la cassette : 45 minutes au maximum.

Aujourd’hui, la pratique n’a pas particulièrement évolué chez les adolescents mais les outils d’écoute ont acquis plus de puissance avec les smartphones et tablettes. Les playlists sont infinies proposant des centaines d’heures de musique en boucle, les batteries sont inusables puisque branchées directement sur secteur et les casques sont confortables et presque inamovibles dans le sommeil puisque intra-auriculaires.

Une étude nationale réalisée par l’AGIRC-ARRCO en partenariat avec la CNAV alerte sur le fait que s’exposer à un volume sonore de 100dB (ce qui correspond au volume maximum d’un baladeur) pendant quelques minutes suffit à s’exposer à un risque fort et irréversible de destruction des cellules cillées de l’oreille interne (Voir tableau ci dessous).

D’où la nécessité de faire de la prévention un axe majeur de santé publique. Alors quelles sont les bonnes pratiques pour préserver notre capital auditif ?

4 habitudes pour préserver nos oreilles

1. Laisser le smartphone ou la tablette dormir dans le salon

Le smartphone est souvent utilisé comme un doudou pour nous accompagner dans le sommeil, empêchant le corps et le cerveau de produire les bonnes hormones pour un sommeil réparateur.
Certains ados ne se départissent pas de leurs oreillettes tout au long de la journée, c’est une nouvelle manière d’être seul, ensemble. Alors, montrons le bon exemple : Laissons le portable et autres écrans dormir dans le salon.

2. Utiliser des casques à réduction de bruit

Pour s’isoler des autres, que ce soit dans les transports en commun ou dans l’Open Space de notre milieu professionnel, on a tendance à monter le son pour couvrir les bruits émanant de l’environnement. Les smartphones sont bridés à 98 dB.  Cependant, il existe sur le web des tutoriaux qui expliquent comment débrider le son de smartphone. C’est complètement irresponsable et dangereux, sachant qu’une écoute prolongée à un haut niveau sonore peut détruire vos cellules auditives de manière irréversible, et générer des symptômes très invalidants (acouphènes, hyperacousie, etc…). Plutôt que de monter le volume, investissez dans un casque à réduction de bruit.

3. Utiliser des bouchons d’oreille

Lors de concerts ou dans les boites de nuit, il n’est pas rare que le volume soit supérieur à 100 dB. Pour vous protéger, utiliser les bouchons d’oreille. Si vous êtes fréquemment exposé au bruit, le mieux est de consulter un audioprothésiste qui vous fabriquera des bouchons d’oreille sur mesure. Mais le son ne se limite au conduit auriculaire, il est également perçu par le nez, la bouche et les os crâniens. Le bouchon d’oreille ne fera pas tout.  Faites des pauses fréquemment dans une pièce où le son est inférieur à 86 dB. Les applications de sonomètre sur smartphone pourront vous aider à évaluer si vous êtes assez loin du bruit.

4. Consulter un ORL en cas de traumatisme auditif

Face aux bruits, nous ne sommes pas tous égaux. Certains ont un seuil de tolérance plus haut que d’autres. Comme tout le monde, j’ai été night clubbeuse dans ma folle jeunesse et il arrivait fréquemment que je gardais des acouphènes en rentrant chez moi au petit matin. Normalement, le repos fait disparaitre les acouphènes, mais s’ils persistent, il faut consulter un spécialiste au plus vite. Un traumatisme auditif peut avoir des impacts graves s’ils ne sont pas pris en charge rapidement. Au contraire, plus le traumatisme est traité tôt, plus les chances de récupération totale sont bonnes. Pour en savoir plus, je vous conseille le site de l’association de prévention des traumatismes auditifs.

Vous savez désormais comment prendre soin de vos oreilles. N’hésitez pas à partager cet article autour de vous et surtout à sensibiliser les plus jeunes sur les bonnes pratiques. Ils ont grandi avec le Programme National Nutrition et Santé (PNNS) « 5 fruits & Légumes par jour »  et connaissent l’importance de l’alimentation sur la santé. Malheureusement, ils sont mal informés quand aux effets d’une écoute prolongée à un haut volume sonore. Sauvons leurs oreilles !

Surdité - Victor Hugo