En ce moment on voit beaucoup de photos et de vidéos faites sur un magnifique fond d’océan, de montagne ou autre paradis terrestre et un yogi ou une yogini en premier plan exécutant une posture de préférence peu accessible à nous, simples mortels.

Sur Instagram en particulier ce genre d’images fait vraiment fureur. On compte plus de 12 millions de yogis sur ce réseau. Les photos de yoga y sont très spectaculaires donc, mais l’aspect philosophique, mode de vie yogique, n’est pas visible. Souvent c’est accompagné d’injonctions du type « Nouveau challenge ». Ce n’est pas forcément motivant, bien au contraire, bonjour le découragement…

En regardant ces corps magnifiques, musclés tout en finesse on se demande si l’authenticité a sa place dans cette mise en scène ou si c’est plutôt la course aux « likes »?

yoga girlS’il y a bien une personne dans toute cette communauté dont la sincérité a l’air vraiment authentique, c’est Rachel Brathen, alias Yoga Girl.

C’est une jeune professeur de yoga Suédoise de 27 ans qui vit sur une île des Caraïbes, Aruba. Aujourd’hui, elle a atteint 1,8 millions d’abonnés sur Instagram sans compter les autres réseaux sociaux. Ses postures sont aussi impressionnantes que celles des autres et sont exécutées sur les mêmes plages paradisiaques, mais elle inspire un nombre de personnes bien plus important que plein d’autres comptes semblables.

Il y a deux ans Rachel Brathen a écrit le livre Yoga Girl qui vient (enfin !) de paraître en français aux éditions JC Lattès. Ce livre l’a propulsée auteur de best-seller d’après le New-York Times.

Il donne envie, ponctué de magnifiques images pleines de couleurs et de soleil. Il est construit de façon inattendue : ce n’est pas une autobiographie classique, pas non plus un livre de développement personnel, ni un manuel de bien-être, comme il en paraît beaucoup (trop…) aujourd’hui, ni un livre de recettes de cuisine veggie. Cela pourrait être un guide spirituel sur le yoga ou une suite de postures avec des explications. Mais en réalité Rachel Brathen a réussi à faire un mix très réussi de tous ces genres. Le livre est fait de 7 chapitres, chacun contenant de l’histoire personnelle de l’auteur, quelques recettes et une séquence de yoga.

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Rachel Brathen commence par évoquer sa vie familiale qui n’avait rien à voir avec les images idylliques qu’on voit en premier dans le livre. Elle a été mouvementée et marquée par des drames, qui ont mené à une adolescence pour le moins difficile… Alcoolisme, drogues, fugues, violence, mensonges ont été le quotidien de la jeune Rachel. Elle livre son vécu jusqu’au jour où elle découvre la méditation (en retraite dans un centre Osho, un peu forcée où elle a été envoyé par sa mère) en premier lieu, puis le yoga.

Sa vie change du tout au tout. Elle quitte sa Suède natale pour voyager, s’installe d’abord au Costa Rica, puis à Aruba, où elle a rencontré son futur mari. Elle vit sans vraiment gagner de l’argent, travaille pour une personne plus que désagréable, traverse des moments douloureux de perte de proches mais plus jamais rien ne la fait replonger du côté « sombre ». La sérénité et la confiance en la vie, l’ouverture du cœur, la gratitude et l’amour appris et continuellement procurés par la pratique de la méditation et du yoga la rendent heureuse chaque jour.

Devenue professeur de yoga certifiée, elle est l’une des pionnières du SUP Yoga (Stand-Up Paddle Yoga). Aujourd’hui elle donne des cours partout dans le monde, se spécialise en handstands, équilibres sur les mains, yoga vinyasa. Elle distille aux quatre coins du monde son message – une vie saine, heureuse, sans peurs et sans regrets – plein d’inspiration.

Comme beaucoup d’autres, diriez-vous ! Qu’est-ce qui est différent ? Quel est le secret de sa notoriété ?

yoga girlElle a une particularité. En plus de son parcours qui reste malgré tout peu commun, c’est sa façon de partager ses sentiments avec les autres. Elle a commencé à le faire sur Instagram justement. Ses posts de magnifiques photos ont toujours été accompagnés de textes : de ses réflexions sur la vie, sur ce qu’il lui arrivait, sur ses doutes, ses malheurs, des leçons qu’elle apprenait. Ses abonnés suivaient son parcours, mais aussi sa rééducation après un accident, son mariage, ses deuils, l’écriture de son livre…

Elle dit que si elle partage toutes ces informations personnelles avec des gens qu’elle ne connaît pas et ne connaîtra certainement jamais pour la plus grande majorité, c’est parce que les gens cherchent de l’authenticité, de l’imparfait, du vulnérable et du réel. A l’ère de toutes ces vies parfaites exposées sur des réseaux sociaux, toujours sous un bon angle et avec un filtre qui va bien, Rachel, au contraire, décide de ne pas prétendre et d’être honnête, ce qui d’après elle est aussi inspirant. Elle se dit imparfaite (faire du yoga n’était pas facile pour elle non plus, c’est un long travail), timide (elle avait les mains moites quand elle donnait ses premiers cours de yoga), connaissant des peurs, de la douleur et de l’insécurité comme tout un chacun (malgré son corps athlétique, elle a aussi les cuisses qui se touchent ;)).

En 2012, elle a posté une image de son ventre et de sa cellulite, ces parts en elle qui la gênaient mais ne l’empêchaient pas de s’aimer pour autant. Elle a proposé à ses abonnés de la suivre en partageant ce qu’ils considéraient être leurs défauts et d’expliquer pourquoi. Les gens ont été touchés, se sont sentis libérés, et toute une communauté s’ést constituée et n’a pas arrêté de grandir depuis. Elle prône l’amour pour soi-même, l’acceptation de soi avec ses défauts. Et boire une bière après le travail ou prendre un dessert n’est pas incompatible avec une vie saine d’un yogi ! Au contraire, cela fait partie de cette acceptation de soi.

yoga girlElle est pleinement consciente de l’impact de ses posts, ses textes et ses images. De cette « dangereuse » responsabilité qu’elle endosse à être lue et suivie par autant de jeunes personnes potentiellement influençables. C’est entre autre pour cela qu’elle a toujours refusé de se faire porte-valoir des marques proposant « tous ces trucs pour la perte de poids et thés détox qui ne marchent pas et, par là même, suggérant qu’en fait vous n’êtes pas assez bien tels que vous êtes ».

Tous les jours Rachel reçoit des lettres de jeunes filles dépressives ou avec des troubles alimentaires. L’ayant vécu aussi, elle les encourage à s’aimer et surtout à se déconnecter de l’Internet en faveur d’un jogging, d’un verre entre copines ou tout autre chose « réelle » qui leur fasse du bien. Ce sont ces lettres qui lui ont inspiré son projet OneoeightElle a impulsé une plateforme interactive online avec des tutoriels d’experts en alimentation, psychologie et des leçons de yoga en streaming. Ce yoga qui l’a un jour aidé à se reconnecter avec son corps et son cœur pourrait-il également aider ces jeunes filles à sortir de leur détresse…

Sur ce chemin de développement personnel et d’éveil Rachel Brathen semble être assez avancée. Une fois nous atteignons un bien-être certain, on désire ce même bien-être pour les autres et on se sent de plus en plus concernée par les problèmes d’environnement. Un projet philanthropique, 109world, naît donc en 2015. Avec deux autres amies, Rachel lance une plateforme ouverte pour que toute personne désirant rendre ce monde meilleur puisse y contribuer à sa façon, avec son expertise, ses ressources.

yoga girlYoga Girl, avec son mantra « Vivre lentement, méditer et faire du yoga tous les jours » semble donc vraie, naturelle, authentique, sincère. Elle se fait du bien et fait du bien autour d’elle. « Mon intention principale a toujours été de rester authentique et fidèle à moi-même, et d’aider les autres à trouver en eux cet amour de soi. Tout est une question d’amour. De pardon. De bienveillance. Je voulais faire quelque chose d’authentique, d’important, qui change le monde – je ne savais pas exactement ce que ce serait… »

Beaucoup de personnes lisent Rachel Brathen sur les réseaux sociaux pour son honnêteté, des images de voyages et de plages, des astuces de vie saine et de bonheur qu’elle partage, sans être concernées par le yoga. Avec le temps ils s’y intéressent et ils viennent en cours pour essayer. Si le yoga peut contribuer à leur donner des outils pour gérer le stress de la vie quotidienne ou dans des moments durs comme cela a été le cas pour Rachel, elle a accompli sa « mission ».

Et ben, merci Instagram ! Et merci pour ce livre, Yoga Girl. Ce livre est un vrai rayon de soleil, une bouffée d’oxygène et de simplicité. Il fait du bien. Tel un cours de yoga : pour ma part, j’en suis sortie inspirée, relaxée et pleine d’énergie positive à diffuser.

yoga girlYoga Girl

Rachel Brathen

Editions JC Lattès

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