Même si on aimerait l’être pour nos enfants, nous ne sommes pas immortels, et aujourd’hui l’enfant se pose des questions existentielles de plus en plus tôt. C’est parfois dès l’école maternelle que le sujet angoissant de la mort survient dans l’échange parent-enfant. Alors, comment leur répondre sans ajouter de l’angoisse à l’angoisse ?

Devancer la question

La mort fait partie de la vie, il n’y a aucune raison d’en faire un tabou en évitant le sujet. Néanmoins, rien ne sert d’y aller frontalement si l’enfant n’est pas demandeur.

La première option que nous avons en tant que parents est peut-être de visionner avec eux le Roi Lion qui pose les jalons de la disparition du parent aimé et du cycle de la vie. De même, moins violent que Le roi Lion, la disparition du père étant provoquée par une catastrophe naturelle (et non savamment orchestrée par un oncle perfide et jaloux), Le Voyage d’Arlo met en scène la perte et la lutte d’Arlo pour retrouver sa famille.

Le roi Lion - Parler de la Mort aux enfants

Après le visionnage, ces dessins animés pourront être commentés pour ouvrir un chemin de réflexion pour vous et votre enfant.

Pacifier son propre rapport à la Mort

Envisager sa propre finitude sans angoisse implique d’avoir déjà travaillé sur soi ou/et de s’être renseigné sur les recherches autour des EMI (Expériences de mort imminente) ou encore d’avoir une vie spirituelle développée.

Mais si vous n’êtes pas à l’aise avec cette question qui ne manquera pas de surgir d’une manière plus ou moins abrupte : « Papa ? Quand est ce que tu vas mourir ? » ; je vous conseille de lire quelques livres comme « La mort expliquée aux enfants mais aussi aux adultes » de Jean Jacques Charbonnier ou « Oser parler de la Mort aux enfants » du Dr Olivier Chambon.

Rédigés par des auteurs de formations scientifiques, ces livres font part de leurs observations cliniques et des récentes découvertes dans le domaines des neurosciences. Contrairement à la vision matérialiste que nous avons de la vie, la mort ne serait juste qu’un changement d’état. La conscience continue d’exister en dehors du corps dans une forme que nous ne pouvons vérifier aujourd’hui. Ces livres, loin des dogmes religieux, réconcilient Science et spiritualité et donne une autre vision de la vie.

Parler de la vie

Si la mort n’est qu’un état, il n’y a plus vraiment de raisons de s’angoisser.

Pourtant, l’angoisse de séparation est bien réelle. L’enfant sera souvent bien plus terrorisé à l’idée de vous perdre qu’à celle de mourir. Cette anticipation anxieuse de votre perte pourra provoquer des cauchemars. Dans ce cas, rassurez-le : vous n’avez pas prévu de le quitter avant une bonne soixantaine d’années et quand bien même cela arrivait avant votre centenaire ; vous serez toujours là pour le guider lorsqu’il en aura besoin.

La ré-assurance de votre vitalité peut vraiment faire la différence pour juguler l’angoisse.

Cela dit, lorsque la mort survient dans l’entourage, il faut savoir accueillir et exprimer ses émotions en tant qu’adulte et les expliquer à l’enfant. Il est normal d’être triste lorsque quelqu’un qu’on aime s’en va. Et cette tristesse est partagée par celui qui part. Malheureusement, c’est le cycle de la vie. On continuera de rester en lien avec la personne disparue d’une manière différente, avec des rituels, des souvenirs.

Au delà de la mort, la vie est bien plus importante que la mort et il faut en prendre soin, en créant des liens avec les autres, en s’amusant et en devenant une bonne grande personne. Puisque la mort n’est qu’un passage, pourquoi s’en préoccuper ?
Concentrons-nous sur la vie.

Mon fils a commencé à me questionner sur la mort lorsqu’il avait 4 ans. Pour moi, la mort a toujours fait partie de la vie. C’est justement cette DLC (date limite de consommation) qui rend la vie intéressante. Grâce à ce sujet difficile, j’ai pu lui expliquer combien la vie était importante et fragile. La mort n’est qu’un passage vers un autre monde auquel nous n’avons pas accès maintenant mais qui existe réellement. C’est un peu comme la Force dans Star Wars : Lorsque les Jedïs meurent, ils disparaissent, se retrouvent dans la Force et se manifestent aux vivants quand ils le souhaitent. L’exemple a été particulièrement rassurant pour mon fils.