Ce livre ne paye pas de mine : Petit format, à peine une centaine de pages. Un livre qu’on devrait lire facilement si le sujet n’était pas aussi dérangeant.

Le sujet, parlons-en.
Il est désespérément contemporain. Il nous parle de la réalité. Il nous parle de toutes ces âmes qui, en France (et ailleurs), en sont réduites à faire la manche, dans notre plus grande indifférence.
Le livre ne parle que de cela.

Ecrit à la première personne, « Les âmes et les enfants d’abord » nous livre les pensées et réflexions d’une mère de famille parisienne qui croise tous les matins, sur le chemin de l’école, des mendiants de toutes les sortes.

Si aujourd’hui, elle y est sensible c’est parce qu’au cours d’un voyage à Venise, dans cette ville où la richesse et la beauté sont ostensiblement exposées, une mendiante est là tout près de la file d’attente qui mène à la basilique San Marco. Et dans une posture figée et silencieuse, seule sa main tendue réclame l’aumône.

Le décalage entre la somptuosité du décor vénitien et la réalité inhumaine de cette mendiante provoque sans doute chez cette femme une sidération qui fait son chemin au cours des années qui suivent. Elle ne regardera plus les autres mendiants de la même façon. Mais comment élever son fils dans ce contexte, pour qui la misère est à la hauteur de ses yeux ?

La misère est partout. Mais apprendre à nos enfants à vivre avec, n’est-ce pas le crime originel ?

Ce livre réveille, secoue. On se surprend à se comparer à cette femme qui détourne le regard de la mendiante vénitienne. Qu’aurions nous fait à sa place ?
Nous avons tous des comportements d’évitement face à la misère et à ceux qui la vivent. Mais comment se justifier auprès de nos enfants ?

N’y a-t-il rien que nous puissions faire ?
C’est la question que je me suis posée en refermant ce livre.

Ce que je peux faire à mon niveau, c’est d’en parler et de vous faire connaître ce texte.

Les âmes et les enfants d’abord

Isabelle Desesquelles
Editions Belfond
10 €

 Acheter sur Amazon

Les ames et les enfants d'abord