De l’omnivorisme au végétarisme…

La plupart d’entre nous n’a pas la chance d’être végétarien depuis sa naissance.
Dans mon cas, le végétarisme s’est imposé à moi de manière impérieuse en juillet 2014. Pour en arriver là, il m’a fallu traverser une série d’étapes qui a engagé ma réflexion, mon corps et mes émotions. Aujourd’hui, je me sens heureuse de ne plus manger d’animaux et alignée intérieurement sur mes valeurs fondamentales.
D’autre part, mon entourage n’a pas fait obstacle à ce changement de régime alimentaire et ça me semble très important d’être soutenue.
Certains nouveaux végétariens essuient les plâtres avec leur entourage et c’est parfois très dur d’être obligé d’argumenter sur le pourquoi de leurs choix alimentaires. Pourquoi faudrait-il se justifier ?!? Autour de moi, je n’ai reçu que bienveillance et respect.. Il faut dire que mon entourage est formidable ;-)
Bref, changer mon régime alimentaire ne s’est pas fait en un jour… voici mon parcours en 6 étapes clés.

Fuits et legumes Une production familiale et artisanale

Je viens d’une famille de cultivateurs si on peut dire.
Mon père a toujours cultivé les fruits et légumes dans le potager et il élevait des lapins et des poules. Nous avions une sorte d’autonomie alimentaire et nous allions au supermarché une fois par mois pour acheter le minimum vital de produits transformés (Brosse a dents, huile d’olive, savon, sel, poivre, farine… etc…). Le lait était acheté à la ferme d’à côté et le beurre était fait par ma mère. Les protéines animales que l’on consommait, provenaient directement de notre production (poulailler/clapier) ou de celle du voisin. Il n’était pas rare qu’on aille tuer le cochon entre plusieurs familles (souvenir terrible du cri de la bête) et on se partageait les différents morceaux du cochon dans un moment convivial. Mon garage devenait alors une immense charcuterie dans laquelle on faisait boudin, pâtés, rillettes, fressure.
Pour le poisson, nous allions très fréquemment pêcher, le week-end, dans les étangs des copains de mes parents. Seuls les crustacés étaient achetés au supermarché et seulement pour des occasions très spéciales : Noël, communion, mariage…

Mes parents ont toujours limité l’apport de protéines animales au déjeuner. Au dîner, nous consommions les produits du jardin ou des conserves faites par ma mère dans l’été. De temps en temps nous pouvions manger des œufs, ou de la fressure (Une recette Deux-Sèvrienne qui mélange sang de cochon, abats en tout genre, épices… Bref un truc assez ignoble qui me donne encore la nausée aujourd’hui.)

poulet rotiUne première tentative ratée

Pré-ados, mes parents nous ont demandé de participer un peu plus à la vie de famille. Autant je supportais très bien de rester enfermée 3 semaines au mois d’août à effiler les haricots verts puis à écosser les petits pois, aider ma mère à tuer un lapin devant ses congénères était insupportable. À partir de ce moment-là je me suis dit que j’allais devenir végétarienne. J’ai arrêté de manger de la viande pendant une très courte période, le problème étant que je n’aimais pas suffisamment les légumes pour en faire mon régime alimentaire exclusif. Difficile de demander à ma mère de changer sa manière de cuisiner pour me faire des plats équilibrés exclusivement végétariens. Bref, le végétarisme me paraissait inaccessible.

Végétarisme = sectarisme ?

Etudiante, enfin libre et autonome dans la cuisine de ma résidence universitaire, il ne m’est jamais vraiment venu à l’idée de mettre en application mon désir initial de végétarisme. En vérité, à l’époque, j’étais pleine de préjugés pensant que le végétarisme était un mouvement sectaire ayant des accointances avec les raéliens ou quelqu’autre mouvement d’illuminés. Être végétarien c’était être différent et s’exposer à des questionnements et des jugements de la part de l’entourage. A cette époque là, je craignais les étiquettes et ne voulais surtout pas attirer l’attention.
D’autre part, j’aimais beaucoup le goût de la viande et j’ai fini par en consommer souvent, au déjeuner comme au dîner. Il était  inconcevable pour moi de consommer un plat sans sa part de protéines animales.

Viande rougeUn régime destructeur : merci Dukan

Avant et après ma grossesse, j’ai expérimenté le régime Dukan pour perdre 3/4 kg avant, puis une quinzaine après.
Je crois que c’est le pire régime qui existe au monde tant d’un point de vue physiologique qu’écologique. D’une efficacité redoutable,  ce régime n’apprend pas à manger correctement, il stresse le corps inutilement le plongeant dans un état d’acidité dangereux. Personnellement, je me suis vraiment sentie physiquement très mal pendant ce régime : Malaise généralisé, nausée, acné, constipation, haleine de poney… Bref ça marche à court terme mais à long terme, le corps nous le fait payer… on ne dupe pas si aisément un cerveau humain qui combattra toujours la perte de graisse. Ben oui, la graisse c’est de l’énergie !

Nourriture bebeUne nouvelle motivation

Deux mois après la naissance de mon fils, on lui découvrait un rein unique. Avoir un seul rein est assez courant et tout à fait sans danger, il faut juste avoir une hygiène de vie un peu plus « Straight ». Nous devions donc lui donner de saines habitudes alimentaires. Limiter son apport en protéines animales à une portion par jour est simple lorsqu’un enfant est petit mais nous devions en faire une règle et montrer l’exemple, nous qui mangions des protéines midi et soir.
Il fallut apprendre à cuisiner d’une manière un peu plus funky des légumes, des légumineuses, des féculents… pour y trouver du plaisir à les manger avec lui. Nous lui avons expliqué pourquoi il y avait cette restriction sur les protéines animales et il a parfaitement accepté de manger des légumes le soir. Puis progressivement, nous avons étendu cette nouvelle manière de cuisiner aux déjeuners, aux week-ends dans une recherche de mieux-être, une démarche de consommation plus local aussi.
Mon fils est donc devenu une sorte de sponsor involontaire me préparant au végétarisme. Il n’est pas végétarien par contre.

VeauUne sensibilisation forcée

Une* de mes amies sur Facebook est une végétalienne militante très impliquée dans la cause animale. Elle sauve des chiens, des chats, milite aux côtés des associations de défense des animaux, se badigeonne de sang parfois le week-end pour aller manifester et réveiller/malmener la conscience du badaud parisien ou du touriste.  Elle engueule aussi les commerçants qui utilisent les dépouilles d’animaux empaillés dans leur vitrine. Bref, c’est une vraie fille entière, pleine d’énergie qui se bat pour ses valeurs.
Dans la vie virtuelle, elle utilise son facebook pour montrer la réalité de la production de viande. Elle diffusait des vidéos très dures sur l’exploitation, l’abattage des animaux que l’on met dans nos assiettes. Avez-vous vu le match entre les poussins et la broyeuse ? …

C’est la broyeuse qui gagne…

Bref, prise en otage face à ces vidéos qui se jouaient de manière autonome à l’ouverture de ma page Facebook, je me suis demandée si je n’allais pas bloquer les publications de cette amie. En même temps, ça m’apparaissait comme un non-sens de refuser de regarder la vérité en face : J’étais mangeuse de viande et par là même responsable de cette violence et de ce manque d’humanité à l’égard des animaux.

La réflexion a suivi son cours et s’est enrichie au fur et à mesure de mes recherches. Quels impacts des hormones de stress sur la qualité de la viande ? Les animaux sont des êtres sensibles dotés d’émotions, pourrions-nous vivre sans les manger ? Comment la production de viande participe au réchauffement climatique ? Quel monde ai-je envie de laisser à mon fils ? Toutes les réponses à ces questions (et bien d’autres encore) m’ont convaincue de changer mon régime alimentaire.

Je suis devenue végétarienne à 38 ans et je découvre une gastronomie magnifique, inventive et joyeuse, rien à voir avec les légumes bouillis de ma mère. Une cuisine que j’ai envie de partager avec vous, que j’ai envie de vous faire découvrir…

La rubrique alimentation est donc officiellement lancée ! J’espère qu’elle vous plaira:-)

Et vous ou en êtes vous avec votre alimentation ? Le végétarisme vous tente-t’il ?

*Merci à Vanessa pour sa contribution non intentionnelle :-)