Si on doit remercier quelqu’un pour la découverte de Catherine Millepied Flori, en tant qu’auteure c’est bien Laury-Anne Frut, responsable éditoriale aux éditions  Leduc.S.. Avec Catherine, elle nous raconte  comment la vie fait bien les choses. Un  témoignage inspirant qui nous rappelle que nous sommes tous reliés et que souvent dans la vie, tout à un sens.

Catherine Millepied et Laury Anne Frut

Racontez-nous votre première rencontre avec Catherine ?

Je vous avouerai que je ne me souviens pas.
J’ai une grande sœur qui a commencé la danse avec Cathy à ses 3 ans ; l’année même où je suis née, donc pour moi je l’ai toujours connue, et j’avais une envie folle de faire comme ma sœur, et d’aller danser moi aussi. De temps en temps je restais pour regarder, et il y avait bien sûr les spectacles de danse qui me faisaient très envie.
Lorsque j’ai eu l’âge requis, mes parents m’ont offert à mon anniversaire ma première tenue de ballerine (que j’ai porté à peu près tout l’été, avant de commencer la danse en septembre !). Mes parents ont toujours gardé à l’esprit que les activités en dehors de l’école sont des activités de détente, même si on les fait sérieusement bien sûr. Il nous fallait, en danse comme en musique, des professeurs qui sachent transmettre leur savoir avec amour et non avec sévérité.
Il était hors de question que nous n’ayons pas de notion de plaisir dans ces activités annexes. Le conservatoire ? Très peu pour nous. L’école de danse de Cathy était à taille humaine, avec une salle ayant un côté arrondi qui ouvrait sur le jardin, entièrement vitré. On avait l’impression de danser en pleine nature !

On a l’image du professeur de danse dur et autoritaire, quel professeur de danse était-elle ?

L’opposé ! Je n’ai jamais su faire une pirouette, et ça ne l’a pas empêchée de réussir à me faire danser quand même !
Avec Cathy, je me souviens du stress que nous avions avant le spectacle comme du bon stress, cette adrénaline qui monte au moment du lever du rideau. Je ne suis jamais allée à un de ses cours la boule au ventre, bien au contraire. Je savais qu’en ressortant de la classe, je me sentirais mieux, même si bien sûr à l’époque je ne le formalisais pas de cette manière-là. De plus, Cathy était particulièrement attentive à nous, elle sentait si on avait eu une journée plus difficile qu’une autre, et elle avait toujours un compliment ou un petit mot qui nous permettait de reprendre confiance. Tout ceci ne nous empêchait bien sûr pas de travailler !

Commentaire de Catherine  Millepied-Flori :
J’ai commencé à enseigner la danse aux enfants dès l’âge de vingt ans. C’était naturel pour moi de partager la joie de danser. Ma pédagogie a été inspirée par la créatrice de la danse moderne Isadora Duncan. Je voulais  apprendre aux enfants à s’épanouir, à  s’exprimer, à développer leur créativité grâce à la danse.

Comment avez-vous réagi lorsque Catherine est partie ?

Mal ! J’étais très triste, on s’attache rapidement à quelqu’un qu’on voit plusieurs fois par semaine pendant des années, et à l’époque j’étais encore petite, je n’arrivais pas à comprendre pourquoi elle voulait nous quitter. On en a reparlé quand on s’est retrouvées il y a quelques années, et en tant qu’adulte je comprends tout à fait, mais l’enfant en moi a gardé longtemps cette incompréhension. Même si je voyais régulièrement ses fils et ses petites-filles, pour moi Cathy était MA prof de danse, et elle n’avait pas forcément d’existence propre en-dehors ;-)

Avez-vous continué la danse par la suite ?

Oui, on a mis un peu de temps à retrouver un professeur, on a essayé différentes classes, mais à chaque fois ça n’était pas pareil. Certains professeurs se croyaient à l’Opéra de Paris (et il était hors de question que j’ai un chignon serré sur la tête à chaque leçon…), d’autres ne mettaient en avant que les meilleurs danseurs, tous les autres (les moins bons, les moins beaux…) étaient relégués au dernier rang, tandis qu’avec Cathy, chacun avait son moment de gloire et à cet âge c’est extrêmement important pour prendre confiance en soi. Et puis j’ai fini par trouver la deuxième et troisième perles rares. En classique j’ai eu un professeur qui s’appelait Michel Valprémy, et qui a été dans la continuité de Cathy. Quelqu’un d’extrêmement gentil, qui savait guérir les bleus à l’âme et transmettre sa passion avec beaucoup d’amour. C’étaient des cours complètement différents, mais avec cette même volonté de faire du bien autour de lui, et c’était précieux. Et en contemporain, dans la même école, j’avais également une jeune professeur, Josie Emerit, qui m’apportait le même bien-être. Un coup de chance d’être tombée deux fois de suite sur des professeurs profondément humains.

J’ai ensuite quitté la région bordelaise à vingt ans pour partir à Paris continuer mes études, et là ça c’est corsé. J’arrivais à rentrer un week-end sur deux la première année, ce qui m’a permis de continuer la danse chez moi puisque nous avions cours de classique avec Michel le samedi, mais j’ai continué pour une raison particulière, car Michel était brutalement décédé l’été de mon départ, et pour moi il était impossible d’arrêter la danse à sa mort, j’aurai eu l’impression de le trahir. Je savais bien sûr que ce serait intenable sur le long terme, mais ça a été pour moi ma manière de faire mon deuil.

À Paris ensuite, j’étais partie pour passer quelques temps, donc j’ai cherché une école de danse. La cata… Je ne trouvais que des écoles affreusement chères, où si vous ne saviez pas faire le grand écart et quatre double tours vous étiez considéré comme une moins que rien, on était 40 par cours donc le prof ne pouvait pas nous corriger à chaque exercice, comme il n’y avait pas assez de place à la barre on était obligé de se contorsionner pour ne pas donner de coup de pied à son voisin, pour les exercices au milieu, on passait en deux groupes (pour toujours cette question de place), donc finalement on ne dansait que la moitié du temps, bref, tout le contraire de ce que je voulais trouver ! J’ai donc fini par arrêter la danse, qui devenait une vraie contrainte.

Comment en êtes-vous venue au yoga ?

J’ai travaillé dans une autre maison d’édition, et j’ai rencontré pour faire un livre sur les massages de bébé une jeune kiné adorable, Julia Lemetais, qui proposait des cours de pilates, de yoga, de streching, etc., en petit groupe (de mémoire on doit être huit maximum), dans son cabinet. On a sympathisé, et j’ai retrouvé chez elle ce que je cherchais depuis quelques années maintenant : de la bienveillance. Elle est très à l’écoute des douleurs de notre corps car elle sait que souvent ce sont des répercussions de douleurs plus intérieures. Ce sont des cours qui font du bien et qui me manquent quand je ne peux pas y aller.

Réponse de Catherine Millepied-Flori
J’ai cessé d’enseigner la danse aux enfants depuis quinze ans pour me consacrer à l’enseignement du yoga. La danse est toujours présente, je danse chaque jour.J’ai associé la danse et le yoga en créant il y a quinze ans l’enseignement du yoga dansé  «  la danse des mantras« . C’est ce que je veux transmettre maintenant.

Catherine Millepied-Flori

Racontez-nous votre deuxième rencontre avec Catherine ?

Ma meilleure amie (qui était en classe de danse de Cathy avec moi quand nous avions trois ans) m’a dit un jour qu’elle avait retrouvé Cathy, qu’elle était sur Paris et qu’elle donnait des cours. On a donc repris contact et on s’est retrouvé dans un salon de thé, et comme Cathy, c’est aussi une histoire de famille, il y avait ma mère et ma sœur ! On s’était quitté vingt ans avant, j’étais une petite fille, et là ce sont deux adultes qui se sont retrouvées. Et ça m’a semblé très naturel, comme une évidence en fait. On n’a pas cherché à rattraper ces deux décennies, on a juste profité de l’instant présent, et c’était parfait. On s’est redécouvert en toute simplicité, et maintenant même si on ne se voit pas pendant plusieurs semaines ou mois, on reste en contact.

Commentaire de Catherine Millepied-Flori
J’ai rencontré Laury-Anne il y a trois ans à lors que je venais de m’installer à Paris. Elle m’a retrouvée je crois grâce aux réseaux sociaux. C’était très émouvant pour moi. Lorsque nous nous étions quittées elle avait cinq ans. Elle m’avait écrit un joli poème que j’ai toujours gardé avec moi.

Comment en êtes-vous arrivées à créer une collaboration professionnelle ? Qu’est-ce qui vous a poussée à le faire ?

Je suis responsable de la marque de fiction aux éditions Leduc.s (pour notre collection Charleston), ainsi je ne cherchais pas du tout à faire de livre pratique. En revanche je m’occupais à l’époque de lancer une marque de jeunesse, que nous voulions centrer sur le bien-être des enfants. Et quand nous avons évoqué avec Cathy les bons souvenirs, je me suis rappelée de ce bien-être qui suivait les cours de danse, et en discutant nous avons trouvé cette première idée de livre pour les enfants. Pour moi c’était l’auteur idéal pour ce sujet, puisque l’ayant moi-même expérimenté, je n’avais aucun doute sur sa méthode ni sur sa capacité à transmettre son savoir ! Quant au second titre, Yoga féminin, c’est venu de Cathy, qui avait ce projet en tête (et sur des cahiers !) depuis des années. On l’a travaillé ensemble avant que je ne passe le relais à ma collègue en charge du pratique. Là encore, ayant moi-même constaté les effets positifs de l’enseignement de Cathy, je ne pouvais qu’encourager un livre !

Réponse de Catherine Millepied-Flori
J’ai commencé à écrire le livre « yoga féminin » il y a dix huit ans, à la demande des personnes qui suivaient mes cours. J’imprimais moi-même des exemplaires que je distribuais à la fin des séances. Quand j’ai su que Laury-Anne était éditrice je lui ai naturellement proposé le livre. Je n’avais jamais pensé le faire éditer. J’ai vécu cette collaboration comme une continuité. La confiance et l’amour traversent très bien le temps.

Pour vous cette rencontre, que signifie-t’elle ? Hasard, synchronicité, destin, magie ?

Je ne sais pas si je crois en toutes ces notions que vous citez. Cathy fait partie de ces personnes qu’on ne quitte jamais vraiment. Même durant ces vingt ans pendant lesquels nous ne nous sommes pas vues, j’avais régulièrement de ses nouvelles, par des amies qui étaient allées voir un spectacle de Benjamin par exemple et l’avait croisée, par ma mère également qui s’est retrouvée à un ballet à Bordeaux et qui l’a revue, bref, pour moi il était sûr qu’on se retrouverait un jour, sans même se chercher particulièrement. Et ce qui est amusant, c’est qu’au premier cours de yoga de Cathy que j’ai fait sur Paris, nous étions plusieurs anciennes élèves de Bordeaux !

Réponse de Catherine Millepied-Flori
En même temps que Laury-Anne, j’ai retrouvé sa soeur Audrey, Pauline, qui présente les séances dans la vidéo du livre, Alicia. Elles sont venues à mes cours de yoga dansé à Paris. Elles étaient dans le même cours lorsqu’elles étaient enfants. C’était surprenant de découvrir ces belles jeunes femmes. J’ai été très touchée d’apprendre qu’elles étaient restées amies durant toutes ces années.

J’ai reçu ces retrouvailles comme un merveilleux cadeau de la vie.

 

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